Victor Prouvé
Nancy 1858 - Sétif 1942

 

Eléments de biographie | Aquarelles & dessins



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84 - Charles Sadoul dans son cabinet
Eau-forte et aquatinte. 550 x 350 [700 x 510 mm].
Très belle épreuve sur vélin. Cachet de l'atelier en bas, à droite.
Provenance : fonds familial V. Prouvé
€ 500

89 - Liseuse (femme de l'artiste à sa fenêtre)
Eau-forte et aquatinte. 385 x 25 [500 x 322 mm]. Belle épreuve d'atelier sur vélin.
Cachet signature en bas, à droite.
Provenance : fonds familial Victor Prouvé. € 450


90 - La même que précédent

Epreuve poussée au noir.
Provenance : fonds familial Victor Prouvé.
€ 450


93 - Henri et Alice Duhamel
Eau-forte et aquatinte. 20 x 295 [265 x 322 mm].Très belle épreuve sur vélin.
Timbre signature en bas, à droite.
Provenance : fonds familial Victor Prouvé.
€ 500

94 - Saint Just Péquart et sa femme. 1916
Eau-forte et aquatinte. 235 x 350 [320 x 500].
Très belle épreuve d'atelier, tirée sur vélin, annotée dans la marge latérale droite :
" 3ème état - Février 1916 ".
Timbre signature dans la marge inférieure. Provenance : fonds familial Victor Prouvé.
€ 500


96 - Portrait de femme au capuchon de dentelle. 1908
Eau-forte et aquatinte. 180 x 250 [320 x 450 mm].
Belle épreuve d'atelier sur vélin. Timbre signature en bas, à droite.
Provenance : fonds familial Victor Prouvé. € 400





Eléments de biographie


Fils d'un dessinateur en faïence qui travaillait pour la fabrique dirigée par le père d'Emile Gallé, Victor Prouvé naît à Nancy en 1858. Très tôt il manifeste un goût et des dons pour le dessin. Elève à Nancy de Devilly il monte ensuite à Paris pour suivre le cours de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts.
Au Louvre il connaît ses véritables chocs esthétiques : Véronèse, Michel Ange et autres grands maîtresi le conduisent sans transition à se passionner pour des contemporains tels que Manet, Renoir ou Degas. Entré chez Cabanel il perfectionne sa technique mais la fréquentation de Puvis de Chavannnes le marque tout autrement.
A 24 ans il fait enfin ses débuts au Salon avec son envoi du portrait de Mme Gallé et ses filles. Suit une série de portraits (Mysette Wiéner, le violoniste Louis Hekking) que la critique salue. En 1888 sa découverte de la Tunisie, dont la lumière et la couleur le captivent littéralement, redéfinit son art qui gagne en puissance. La maîtrise n'est pas loin. De retour à Paris il travaille inlassablement à des panneaux décoratifs comme le Cercle des Voluptueux d'après l'Enfer du Dante. C'est à cette époque qu'il retrouve Emile Gallé, de douze ans son aîné, avec lequel il a été lié plus jeune lorsque son père travaillait pour la faïencerie de Saint Clément. Gallé lui commande des projets de tables ou de vases (Orphée implorant l'ombre d'Eurydice, etc…), Majorelle suit. C'est une période riche et passionnante où Prouvé apporte sa contribution à ce qu'on appellera plus tard Modern style et Art Nouveau.
La fin du siècle, le début du nouveau voient les commandes officielles récompenser son travail : médaillons pour le grand salon de l'Hôtel de Ville de Nancy, décoration de l'escalier de la mairie d'Issy-les-Moulineaux, plafond de la préfecture de Meurthe-et-Moselle et, surtout, l'exceptionnelle décoration pour la salle des fêtes de la mairie du XIème, à Paris. L'artiste a trouvé ses marques. A l'heure de la mort de Puvis de Chavannes la critique salue un nouveau symboliste. C'est le triomphe des mairies et des expositions universelles, la IIIe République connaît ses plus belles années et Prouvé prend le temps de voyager. La Bretagne à laquelle il restera toujours attaché, le Gers où réside sa belle-famille, le Pays Basque sont l'occasion de nouvelles sources d'inspiration. Choses vues et croquées avec brio telles ces scènes de corrida ou encore ces ramasseuses de varech sur une plage bretonne. Infatigable, curieux de tout il s'adonne à la gravure et manie le berceau avec dextérité pour laisser quelques belles manières noires (portrait de Charles Sadoul, Marie Prouvé à sa fenêtre…). Sculpteur (la Lorraine reconnaissante au président Carnot), admirable relieur, ciseleur, orfèvre il n'y a rien que les mains de Prouvé ne sachent travailler, modeler, ciseler.
A l'origine de la fondation de l'Ecole de Nancy aux côtés d'Emile Gallé il en prend naturellement la tête à la mort de ce dernier, en 1904, après être définitivement "rentré" à Nancy. Ces années de la maturité sont aussi celles du questionnement, parfois de l'abattement ou de la résignation quand il accepte, pour des raisons matérielles mais peut-être au détriment de son œuvre, la direction de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Nancy. Pourtant sa fécondité ne tarit pas et il sait être tout à son art malgré des phases de dépression aggravées par l'arrivée d'une nouvelle guerre. Il meurt à Sétif où il avait rejoint sa fille en 1943.


(Sources bibliographiques : Victor Prouvé par Madeleine Prouvé, Nancy, 1958) | retour estampes de Prouvé | voir ses dessins