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Honoré Daumier
 
Marseille 1808 - Valmondois 1879
 


 



Voilà une lecture amusante - Lithographie originale - Delteil 338
Epreuve en coloris du temps (aquarelle et gomme arabique)
35 x 26 cm - 200 €



Lithographies originales dites "sur blanc"
(c'est à dire sans le texte du journal au verso) Epreuves coloriées à l'époque
(aquarelle et gomme arabique)
La feuille : environ 35 x 23 cm

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et fiches des planches disponibles







 




Holà, hé, Madame l'hôtesse, j'aime les potages chauves - Lithographie
originale parue dans le Charivari - Delteil 851 - 100 €



Lithographies publiées dans le journal le Charivari,
avec le texte du journal au verso.
Dimensions de la feuille :
environ 35 x 23 cm
Conservation : légères marques habituelles
de pliage dues au postage du journal.

Prix : 100 € chacune
Les N° de lot correspondent souvent au N° du Catalogue
raisonné de l'oeuvre de Daumier par L. Delteil.


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les photos des planches disponibles


 
     
 
 


Lithographies originales
telles qu'elles ont été publiées, avec la feuille complète du journal Le Charivari
(lots 1131 à 1138)

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Gros, gras et constitutionnel - caricature de Louis Philippe parue dans le Charivari de Novembre 1833


 
Lithographies originales
dites "sur blanc"

(c'est à dire sans le texte
du journal au verso)

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des planches disponibles,
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(motif) Oh! Absolument comme si - Lithographie originale
sur blanc - Delteil 583 - 150 €
 
Bibliographie
et documentation


Loys Delteil, HONORÉ DAUMIER

Le peintre-graveur illustré

Tomes XX-XXIX bis. Soit 11 volumes contenant plus de 4000 reproductions.
Grands in-4° brochés (quelques manques à certains dos qui sont parfois déreliés).
Édition originale du catalogue raisonné et complet de l'œuvre lithographié de Daumier

Paris (chez l'Auteur), 1925-1930.
État neuf. Les reproductions sont
de grande qualité.

€ 750
 
         
 
 
 
Éléments biographiques et critiques
 
 


DAUMIER (Honoré)
, dessinateur, peintre et caricaturiste français, né à Marseille le 26 février 1808. Son père, honnête vitrier, cultivait la poésie à ses moments perdus ; mais bientôt les Muses lui firent négliger son état, et il vint habiter Paris. Le fils du vitrier fut d'abord employé dans une maison de librairie. Rentré chez lui, le soir, il s'essayait déjà à dessiner et composait des vignettes de romances. Nous ne savons pas autre chose de ses débuts dans la vie. Mais on lisait dans la Caricature du 30 août 1832 : " Au moment où nous écrivions ces lignes, on arrêtait, sous les yeux de son père et de sa mère ; dont il était le seul soutien, M. Daumier, condamné à six mois de prison pour la caricature de Gargantua. " L'artiste et l'homme nous apparaissent tout entiers dans cette simple note. Daumier, toutefois, n'en était plus alors à son coup d'essai ; il avait déjà publié dans la Silhouette des croquis militaires inspirés par Charlet, et que les amateurs recherchent aujourd'hui. Le Gargantua séditieux représente un roi (on devine lequel) qui avale de gros budgets et d'énormes pâtés farcis de donations, que de petits marmitons habillés en ministres lui introduisent dans la bouche. Déjà dans l'esprit de Daumier germait la raillerie persistante des gens de justice. Il fut dès lors adopté par le parti républicain. Balzac et lui se rencontraient souvent dans les mêmes journaux. " Si vous voulez avoir du génie, disait l'écrivain au jeune artiste, faites des dettes. " C'est M. Champfleury qui cite ce trait dans son Histoire de la caricature moderne, à laquelle nous empruntons la plupart de ces détails. Le journal la Caricature retrace jour par jour les premières années du règne de Louis-Philippe. Le crayon de Grandville et de Daumier ne s'arrête pas ; il épie le roi dans tous les actes de sa vie privée comme dans sa vie publique, et avec le roi, ses enfants, ses intimes, les dignitaires, les pairs de France, les députés, les ministres, les généraux, les magistrats et tutti quanti. Philipon chargea spécialement Daumier de reproduire les traits de quelques-uns des inamovibles. Le premier de la galerie fut le vieux Lameth, l'ex conventionnel. Il avait traversé les orages de la Révolution, et n'avait pas soupçonné celui qui s'amassait contre lui. Le crayon emportait le morceau ; l'exagération de la laideur n'avait jamais atteint cette verve, cette puissance ; l'art devenait violent, provocateur. Tous ces dessins portent la même empreinte : on devine, à les voir, la haine profonde des jeunes républicains pour les défenseurs de la royauté. A la suite viennent tous les amis et les familiers du château, les ministres, les députés, les procureurs généraux, les présidents de chambre et autres amis de l'ordre ; tous sont marqués d'épithètes violentes : centrier, gras, membre de la Chambre prostituée, etc. Quiconque avait du ventre entrait de droit dans la galerie avec sa graisse et ses articulations engorgées. La Caricature était sans pitié pour cette graisse " amie de la prudence. " Mais la maigreur ne mettait nullement à l'abri du crayon impitoyable de Daumier. Citons entre autres portraits celui de M. Persil, magistrat sec, froid, anguleux, aux chairs flasques et blêmes, aux yeux caves. Au-dessous, l'artiste a dessiné en blason un couteau de guillotine ; une tête coupée, des chaînes, des menottes, complètent ce cruel symbole. Tous ces portraits sont signés Rogelin, pseudonyme de Daumier ; tous sont d'une ressemblance telle, qu'on les dirait dessinés d'après nature. L'artiste n'a pas oublié M. Guizot : "Tu as été à Grand !" dit la légende. Voici venir maintenant M. Thiers. De 1832 à 1852 le crayon de Daumier le harcèle sans trêve ni merci ; il le représente souriant, malicieux, parfois avec l'attitude de Polichinelle. A la vérité, le dessinateur n'apparaît point seul ; derrière lui se montre toujours Philipon, cet autre railleur, qui souligne en quelque sorte le dessin par une spirituelle légende. Des masques, Daumier passe aux portraits en buste. Le Charivari de 1833 en contient plusieurs. Enfin, après tant de croquis et d'études partielles, voici des hommes étudiés de près. Le caricaturiste va les reprendre en pied dans leur allure habituelle, allant, venant, les mains dans les poches, avec leur gros ventre ; rien ne sera omis dans le détail es familiers de la cour citoyenne, ni les lunettes, ni les perruques, ni le coton dans les oreilles, ni les cheveux ébouriffés et les favoris en l'air, ni les faux-cols, ni les traces d'élégance à l'empois : portraits plus réels que ceux du musée de Versailles. L'amiral de Rigny n'aura jamais eu de plus fidèle image ; dans le fond d'une planche, apparaît le sosie du vieux Royer-Collard, c'est-à-dire un habit de pair de France accroché à un porte manteau coiffé d'une perruque. Daumier sentit bientôt se développer son talent, et son rôle jusqu'en 1834 fut vraiment considérable, attaché qu'il était à trois publications importantes : la Caricature, le Charivari et l'Association mensuelle lithographique. C'est dans le second de ces journaux que fut publié Robert Macaire, ce héros de l'Auberge des Adrets, qui participe tout à la fois de Panurge, de Sancho, de Falstaff, de Scapin et de Figaro, cette figure symbolique de l'inventeur sans inventions, du fondateur de compagnies sans compagnons, du bailleur de fonds sans caisse, du médecin sans malades, de l'entremetteur de mariages sans dots ; ce type de la grandeur dans le trivial du ruisseau, et de la canaillerie héroïque ! Postérieurement à cette date, indiquons en passant les Assassins de la rue de Vaugirard, les Juges des accusés d'avril, la Lecture du Constitutionnel au Palais-Royal, la Pèche aux actionnaires, etc.; puis cette série railleuse qui a pour titre Histoire ancienne, parodie à outrance de l'enseignement de l'Ecole des beaux-arts. Rarement le grotesque fut poussé plus loin. Ajoutons à ce catalogue les Divorceuses, les Femmes socialistes, les Philanthropes du jour, les Grecs, les Bons bourgeois, les Bals de la cour, les Pastorales, les Papas, les Beaux jours de la vie. La politique, les cancans, les modes, les défauts du visage, comme les travers de l'esprit ou du caractère, rien n'échappe à cette verve moqueuse et inépuisable. Une de ses plus belles pages est sans contredit le Ventre législatif [qui] seule suffirait à sa gloire. Daumier n'est pas seulement un satirique, il y a aussi en lui un paysagiste de premier ordre, témoin son Convoi funèbre au Père-Lachaise. On trouve encore du Goya en lui, ainsi que l'atteste cette composition si émouvante, si dramatique, inspirée par les massacres de la rue Transnonain. Louis Blanc et Victor Hugo ont décrit ce drame dans tous ses détails.[...]
Qui veut se rendre compte aujourd'hui de l'époque de Louis-Philippe doit consulter l'œuvre de Daumier. Après la révolution de 1848, Daumier songea un instant à déserter la caricature. Il a, de 1830 à 1852, brossé à grands traits un immense panorama de la bourgeoisie, cette puissance du moment, et fait, autour de la bourgeoisie massive, graviter les personnages marquants qui en sortirent. Bien avant Meilhac et Halévy, Daumier avait bafoué et cloué au pilori du ridicule l'antiquité classique. Télémaque, Mentor, Minerve, les dieux, les héros, les sages, les philosophes, bellâtres, stupides, grimaçants, gibbeux, obtus, maigres comme des clous ou gras comme des chapons, le nez roupieux, les pieds ornés de cors fantastiques, étalent, dans ses planches effrontées, l'idéal de la bêtise humaine. Orphée aux enfers, la Belle Hélène ne sont que de pâles réminiscences de Daumier. Tous les engouements absurdes passent au fil de son impitoyable crayon. Il crève le ballon de l'antonysme ; il renvoie à leurs chausses les bas bleus humanitaires, les dramaturges femelles, les poétesses des salons, les femmes fortes, les fabricantes de méditations élégiaques sans orthographe, les ménagères clubistes, les divorceuses fortes en gueule, la femme révoltée proclamant l'émancipation et l'égalité des sexes. En quinze ans, Daumier a composé, sous le nom d'actualités, une sorte de journal personnel : nouvelles, bruits, faits, cancans, crises politiques du jour y sont relatés avec une fidélité historique. Cependant, il faut bien le reconnaître, de 1856 à 1858, il y a une sorte d'affaissement dans l'œuvre de l'artiste. La main semble avoir plus de part que l'esprit dans la composition ; l'idée ne s'accuse point ; ce ne sont que profils indécis, ombres et lumières vacillantes. Oui ! mais n'oublions pas la censure qui écrase jusqu'au crayon du dessinateur et qui lui interdit tout sujet sous prétexte d'allusion. Enfermez donc un photographe dans une cave, et jugez de son travail. En 1860, Daumier, heureusement débarrassé de ces entraves, a rendu à ses peintures de la vie contemporaine la vie et le relief, et jusqu'à ce jour il a continué, il continuera encore longtemps, nous l'espérons, son immense fresque gouailleuse qui retrace avec la fidélité d'un miroir l'histoire physique et morale de la bourgeoisie au 19ème siècle. Son œuvre peut se détailler ainsi par grandes subdivisions : la Politique, la Magistrature, les Bourgeois, la Province, les Roberts Macaires, les Bas bleus, les Enfants, Paris, Inventions, Villégiature, Théâtre, Artistes. L'historien qui veut reproduire exactement notre époque doit forcément étudier l'œuvre de Daumier avec autant de soin que la Comédie humaine de Balzac, ou les grandes séries de Gavarni. Dans le moindre de ses croquis l'artiste montre sa griffe ; avec lui le geste le plus vulgaire peut devenir noble, comme la plus fière attitude risque fort de tourner au grotesque. Quant au contour linéaire, cette nature fiévreuse l'indique par des lignes à peine dessinées, mais où l'art ne laisse point de trouver son compte. L'effet produit est souvent obtenu par un manque de correction voulu, intentionnel, et ces quelques négligences sont rachetées, du reste, par des qualités plus solides que la recherche exacte des lignes. La légende enlevée, il reste toujours une composition artistique de premier ordre, abstraction faite même de l'actualité. M. Daumier est demeuré fidèle au Charivari; mais il n'y peut plus prendre ses ébats comme jadis, et peut-être regrette-t-il le roi Gargantua, qu'il a, croyons-nous, concouru à démolir.

Pierre Larousse (1817-1875), article Daumier du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle
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