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DE BIOGRAPHIE
Fils d'un dessinateur en faïence qui travaillait pour la
fabrique dirigée par le père d'Emile Gallé, Victor Prouvé naît à Nancy en 1858.
Très tôt il manifeste un goût et des dons pour le dessin. Elève à Nancy de Devilly
il monte ensuite à Paris pour suivre le cours de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts.
Au Louvre il connaît ses véritables chocs esthétiques : Véronèse, Michel Ange
et autres grands maîtres le conduisent sans transition à se passionner pour des
contemporains tels que Manet, Renoir ou Degas. Entré chez Cabanel il perfectionne
sa technique, mais la fréquentation de Puvis de Chavannnes le marque tout autrement.
A 24 ans il fait enfin ses débuts au Salon avec son envoi du portrait de Mme Gallé et ses filles. Suit une série de portraits (Mysette Wiéner,
le violoniste Louis Hekking) que la critique salue. En 1888 sa découverte
de la Tunisie, dont la lumière et la couleur le captivent littéralement, redéfinit
son art qui gagne en puissance. La maîtrise n'est pas loin. De retour à Paris
il travaille inlassablement à des panneaux décoratifs comme le Cercle des Voluptueux d'après l'Enfer du Dante. C'est à cette époque qu'il retrouve Emile Gallé,
de douze ans son aîné, avec lequel il a été lié plus jeune lorsque son père travaillait
pour la faïencerie de Saint Clément. Gallé lui commande des projets de tables
ou de vases (Orphée implorant l'ombre d'Eurydice, etc…), Majorelle suit.
C'est une période riche et passionnante où Prouvé apporte sa contribution à ce
qu'on appellera plus tard Modern style et Art Nouveau. La fin du
siècle, le début du nouveau voient les commandes officielles récompenser son travail
: médaillons pour le grand salon de l'Hôtel de Ville de Nancy, décoration de l'escalier
de la mairie d'Issy-les-Moulineaux, plafond de la préfecture de Meurthe-et-Moselle
et, surtout, l'exceptionnelle décoration pour la salle des fêtes de la mairie
du XIème, à Paris. L'artiste a trouvé ses marques. A l'heure de la mort de Puvis
de Chavannes la critique salue un nouveau symboliste. C'est le triomphe des mairies
et des expositions universelles, la IIIe République connaît ses plus belles années
et Prouvé prend le temps de voyager. La Bretagne à laquelle il restera toujours
attaché, le Gers où réside sa belle-famille, le Pays Basque sont l'occasion de
nouvelles sources d'inspiration. Choses vues et croquées avec brio telles ces
scènes de corrida ou encore ces ramasseuses de varech sur une plage bretonne.
Infatigable, curieux de tout il s'adonne à la gravure et manie le "berceau"
avec dextérité pour laisser quelques belles manières noires (portrait de Charles
Sadoul, Marie Prouvé à sa fenêtre…). Sculpteur (la Lorraine reconnaissante
au président Carnot), admirable relieur, ciseleur, orfèvre il n'y a rien que
les mains de Prouvé ne sachent travailler, modeler, ciseler. A l'origine de la
fondation de l'Ecole de Nancy aux côtés d'Emile Gallé il en prend naturellement
la tête à la mort de ce dernier, en 1904, après être définitivement "rentré" à
Nancy.
Ces années de la maturité sont aussi celles du questionnement, parfois
de l'abattement ou de la résignation quand il accepte, pour des raisons matérielles
mais peut-être au détriment de son œuvre, la direction de l'Ecole Nationale des
Beaux-Arts de Nancy. Pourtant sa fécondité ne tarit pas et il sait être tout à
son art malgré des phases de dépression aggravées par l'arrivée d'une nouvelle
guerre. Il meurt à Sétif où il avait rejoint sa fille en 1943.
(Sources : Victor Prouvé par Madeleine
Prouvé, Nancy, 1958)
Notes
:
- Les dimensions sont celles de la feuille. La première pour la hauteur,
la seconde pour la largeur.
- Toutes les œuvres proviennent du fonds familial
de l'artiste. Quuand elles ne sont pas signées elles portent son timbre-signature
ou le cachet d'atelier.
Crayons
: "Le brillant de la peinture à l'huile gêne [Prouvé],
aussitôt il recherche des produits matants ou des peintures mates par elles-mêmes
; les crayons Raffaelli le satisfont beaucoup à ce point de vue."
(Madeliene Prouvé, sic) | |